Entre manque de vision et manque de pilotage : les deux angles morts de la performance
Dans un environnement exigeant, la performance ne relève ni de la chance ni d’un objectif déclaré. Elle se construit pas à pas, avec méthode, vision et cohérence.
Sur le terrain, je rencontre pourtant de nombreuses organisations qui évoluent sans véritable cap.
Prenons l’exemple d’un artisan local au concept mono-produit très porteur. Après trois années de succès, il a ouvert une filiale à Paris parce qu’il disposait d’une trésorerie confortable — mais sans vision de marque, sans positionnement clair, sans stratégie de prix et sans business plan à long terme.
Résultat : la filiale parisienne peine. Pour compenser, il investit davantage dans son atelier de fabrication, tente d’augmenter son chiffre d’affaires en ajoutant des produits achetés à l’extérieur, ouvre une nouvelle filiale… et envisage déjà une implantation en Allemagne.
Tout cela sans cohérence stratégique ni logique de performance, au risque de fragiliser l’ensemble de l’entreprise.
À l’inverse, beaucoup d’entreprises — y compris des entreprises en forte croissance — ont une vraie vision du dirigeant, mais aucun budget structuré ni outil de pilotage, alors même qu’elles investissent massivement. Elles font des bénéfices, certes, mais naviguent sans visibilité sur leurs marges, leurs fragilités ou leur trajectoire.
Autrement dit : La stratégie est présente, mais sans une logique de performance solide, les décisions se prennent “au feeling” — avec le risque de s’engager dans des orientations qui peuvent fragiliser l’entreprise.